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PROMODEV: Les 12 personnalités du secteur agricole pour l’année 2016

Port-au-Prince, Mercredi 04 Janvier 2017, La PROMODEV (Promotion pour le Développement) informe le public, en général et les professionnels et les producteurs agricoles, en particulier que 12 cadres et agriculteurs ont été désignés  comme Personnalités de l’année 2016 pour le secteur agricole en Haiti.

Politiques publiques agricoles dévastatrices de 2006 à 2016

Texte de l’Agr. Michel William

Apres avoir mené dans les neuf  dernières années une politique agricole dévastatrice qui ne répondait pas ni  aux exigences de la production végétale ni à celles de la production animale, les conséquences sont plus que désastreuses avec la sécheresse  qui s'est abattue sur le pays au cours des années 2013-2014,2014-2015.

                                                                           République d’Haïti

 

Rapport sur

Le Diagnostic de la filière d’aubergine (Solanum melongina, L.) à Bocozelle, 5eme  section de la commune de Saint-Marc

Présenté par : La Promotion pour le Développement (PROMODEV)

Période de réalisation : Juillet 2011- Avril 2012

Contenu

Contenu. 2

1.- Généralités sur l’aubergine. 5

1.1.- Origine et distribution de l’aubergine. 5

1.2.- Description botanique de l’aubergine. 5

1.3.- Phases phénologiques de la culture de l’aubergine. 7

1.3.1.- Phase d’initiation. 7

1.3.2.- Phase d’établissement 8

1.3.3.- Phase végétative. 8

1.3.4.- Phase de reproduction. 8

1.4.- Paramètres affectant la production en zone de plaine. 9

1.4.1.- Climats et sols. 10

1.- Temperature. 10

2.- Pluviométrie. 10

3.- Sols. 10

4.- Vent 10

5.- Insolation. 10

1.4.2- Maladies de l’aubergine. 11

1.4.3.- Ravageurs et/ ennemis de l’aubergine. 12

1.5.- Importance alimentaire et économique de l’aubergine. 13

1.5.1.- Valeur alimentaire de l’aubergine. 13

1.5.2.-  Valeurs médicinales et thérapeutiques de l’aubergine. 14

1.5.3.- Valeur économique de l’aubergine. 14

2.- Présentation de la zone de Bocozelle. 15

2.1.- Cadre physique de Bocozelle. 15

2.1.1.- Localisation. 15

2.1.2.- Conditions climatiques. 15

2.1.2.1.- Pluviométrie. 15

2.1.2.2.- Température et humidité relative. 15

2.1.2.3.- Insolation et vent 16

2.1.2.4.- Evapotranspiration potentielle. 16

2.1.3.- Conditions pédologiques. 16

2.2.- Cadres socio-économiques de Bocozelle. 16

2.2.1- Population et migration. 16

2.2.2.- Route et infrastructures agricoles. 17

2.2.3.- Marché. 17

2.2.4.- Institutions et organismes d’encadrement 17

3.- Système de culture de l’aubergine à Bocozelle. 18

3.1.- Les sites de production d’aubergine à Bocozelle. 18

3.2.- Calendrier cultural de l’aubergine à Bocozelle. 18

3.3.- Rotation. 19

3.4.- Pratiques culturales de l’aubergine. 19

3.4.1.- En pépinière. 20

3.4.1.1.- Etablissement de la pépinière. 20

3.4.1.2.- Soins des plantules en pépinière. 20

3.4.2.- En plein champ. 20

3.4.2.1.- Choix des parcelles. 20

3.4.2.2.- Préparation de sol 21

3.4.2.3.- Repiquage. 21

3.4.2.4.- Irrigation. 22

3.4.2.5.- Sarclage. 23

3.4.2.6.- Fertilisation. 23

3.4.2.7.- Problème et traitement phytosanitaire. 23

3.5.- Récolte et rendement 24

3.6.- Atouts et contraintes rencontrés dans la filière d’aubergine. 25

3.6.1.- Atouts liés à la production. 25

3.6.2.- Contraintes liés à la production. 26

3.6.3.- Atouts et contraintes liés à la commercialisation. 27

4.- Conclusion et recommandations. 27

5.- REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES. 30

 




1.- Généralités sur l’aubergine

1.1.- Origine et distribution de l’aubergine

L’aubergine (Solanum melongena, L.) est une plante vivace originaire de l’Inde dans l’Asie méridionale. Elle était déjà cultivée en Chine plus de siècles avant notre ère, où l’on produit des variétés à petits fruits de couleur verte, blanche, rouge et lavande (DAUZAT et Al, 1971). Les navigateurs arabes l’on introduite dans le bassin méditerranéen au XIème siècle, puis elle s’est répandue en Espagne au moyen âge, et dans le reste de l’Europe vers le XVème siècle, d’abord en Italie puis dans le sud de la France, avant d’attendre l’Allemagne puis la Grande-Bretagne. Et au XVIème siècle, les espagnols l’introduiront en Amérique latine. Elle n’apparaitra en Amérique du Nord que cent cinquante (150) ans plus tard. Jusque dans les années 1950, on ne produira pour la consommation humaine que les variétés a gros fruits pourpres, les autres étant réservées au jardin ornemental (Medisite, 2004). Bien entendu, il existe une multitude de variétés d’aubergines dont la taille du fruit varie du petit pois au melon, et la couleur, du blanc au pourpre, en passant, par le vert, le jaune et l’orange.

Le nom français de l’aubergine provient du catalan ’’alberginia’’, lui-même issu de l’arabe al-badinjan, emprunte au persan batingan, qui désignait déjà cette plante. Elle fut aussi appelée mélongène (ou mélongine), terme conserve dans son nom spécifique ainsi que dans l’italien melanzana.

 

1.2.- Description botanique de l’aubergine

L’aubergine, (Solanum  melongena L.), appartient a la famille des solanaceae, sous famille solanoideae, tribu des solaneae, tout comme la tomate (Lycopersicon esculentum Mill.), le piment (Capsicum annuum L.) et la pomme de terre  (Solanum tuberosum L.). Elle appartient à l’un des genres les plus vastes du règne végétal : le genre Solana qui compte, d’après les dernières estimations, entre 1000 et 1100 espèces, recensées sous au moins 3700 noms dans l’index du jardin botanique de Kew (d’Arcy, 1991). De ce genre, découlent quatre (4) espèces commerciales modernes qui se distinguent par des caractéristiques spécifiques des fleurs et des fruits comme suit :

Solanum esculentum : cette espèce est caractérisée par des fleurs blanches aux pétales parfois peu soudes, aux fruits blanchâtres à violets souvent rougeâtres à maturité et souvent groupes par deux (2) ou par trois (3).

Solanum incanum : c’est une espèce caractérisée par des fleurs blanchâtres  aux pétales soudés et, des fruits  verdâtres à jaunes profondément découpés en lobe de deux (2) ou de trois (3).

Solanum melongena : les fleurs de cette plante sont violettes aux pétales soudés et donnent naissance à des fruits allonges de couleur violette   parfois noirâtre ou rougeâtre et très souvent solitaire.

Solanum macrocapum/ S.aethiopicum : elle se distingue des autres par son fruit plat et côtelé. Elle est  largement cultivée en Afrique.

L’aubergine est une plante à port dresse, pouvant atteindre 50 cm a 1.2 m de haut. Les feuilles sont simples et disposées de façon alternées sur la tige  et recouvertes de poils très particuliers qui les rendent rugueuses au toucher.

Les fleurs, de couleur violettes, solitaires, sont portées à l’aisselle des feuilles. Le calice est vert et couvert de poils fin. Les fruits naissent des fleurs, et ce sont des baies généralement allongées, plus ou moins globuleuses, selon la variété de couleur violet sombre. Ils sont pleins, sans cavité renferment les graines qui sont noyées dans la chair du fruit. La couleur de la chair peut varier  du blanc pur à un vert assez accusé. Cependant, les fruits à chair verte, plus consommés dans les pays européens, ont une saveur piquante et amère et sont moins digestibles que les fruits à chair blanche. L’épiderme du fruit peut être incolore ou colore en mauve ou en violet par des anthocyanures de nature différente. D’un autre cote, diverses colorations de l’épiderme du fruit correspondent du stade de développement du fruit. Lors du murissement, le fruit perd sa brillance et change de couleur, et devient marron clair pour les fruits piquantes.

Les caractéristiques des variétés les plus connues et répandues en Haïti, sont résumées dans le tableau suivant.

Caractéristiques des variétés d’aubergine les plus courantes

Variété

Caractères généraux

Précocité

Port de la plante

Forme du fruit

Couleur du fruit

Florida Market

Bien adapte aux climats subtropicaux .Hauteur : 90-120 cm.Maturite : 80-90 jrs après plantation. Tolérance au Phomopsis vexans.Bonne coloration des fruits.                         

Demi-saison

Vigoureuse

Dressée

Prolifique sur une longue période

Globe

Ovale

Violet fonce presque noir

Long purple

Sélectionne pour homogénéité, précocité, aptitude a la cuisson.

Hauteur : 75-80 cm

Fruit jolis : 20-25 cm de long et 5-7 cm de diamètre

Récolte : 70-75 jrs après plantation

Précoce

Croissance

Vigoureuse

Port dresse

Effile et cylindrique

-Violet fonce,

Brillant

-Calice

Vert

Chair

Blanche

Black

Beauty

Bonne uniformité des fruits

Hauteur : 75-100 cm

Fruit : 15 cm de long et 9 cm de diamètre

Récolte : 80 jrs après plantation

Productivité élevée.

Mi-tardive

Hauteur moyenne étalée port dresse

 

Globe ovale

-Noir pourpre fonce

-Calice vert

Chair blanche

Onyx Hybrid F1

Très productrice

Première récolte : 65-70 jrs après plantation

Très précoce

Vigoureux compact et très fourni

Ovale et trapu

-Violet fonce à calice vert

Sorrento Hybrid F1

Excellent rendement

Récolte échelonnée

Bonne tenue couleur

Récolte : 70-75 après plantation

Précoce

Vigoureux, dressé

Ovale et allonge

-Violet très fonce.

-Calice vert.

 

 

1.3.- Phases phénologiques de la culture de l’aubergine

Durant tout le cycle cultural de l’aubergine, cette plante traverse plusieurs étape et stades. Ceux-ci, peut être regroupés en quatre (4) étapes phénologiques présentées de la façon suivante : Phase d’initiation, Phase d’établissement, Phase végétative, Phase de reproduction.

 

1.3.1.- Phase d’initiation

Cette phase est la première à se réaliser. Elle débute avec l’émergence des cotylédons et les  deux petites feuilles effilées du sol. Elle dure environ une  a deux semaines. Elle se caractérise d’une part par la croissance des feuilles cotylédonaires qui tendent à devenir de moins en moins effilées pour prendre une forme ovoïdes. D’un autre côté, le système radiculaire se développe et pousse pas mal de poils absorbants. Elle se termine avec la sortie des vraies feuilles.

 

1.3.2.- Phase d’établissement

C’est la phase de début de végétation, au niveau de laquelle, les vraies feuilles surgissent et se développent. Les premières peuvent atteindre 5-6 cm de long et 3 cm de largeur. Au cours de cette phase, la tige s’épaissit graduellement et s’allonge, peut atteindre 6-12 cm de long. Elle dure plus de temps que la première, soient 20-25 jours. Elle se termine avec un nombre de vraie feuilles variant de quatre (4) à (6) et l’apparition des bourgeons axillaires des feuilles. C’est au cours de cette phase que la plante supporte mieux les chocs de transplantation.

 

1.3.3.- Phase végétative

Cette phase est déterminée par un développement et une croissement très remarquable. Elle s’étend plus longtemps que toute les autres phases et comporte plusieurs stades qui se succèdent généralement, comme suit :

Stade V1 : Ce stade démarre avec l’apparition de la première ramification qui se développe et s’étale progressivement pour atteindre l’axe principal.

Stade V2 : Il se distingue de la première par la lignification graduelle de la tige à partir de la base du collet. Il est aussi marqué par l’émission d’autres bourgeons.

Stade V3 : A ce stade, le port de la plante apparait de plus en plus garni, ce qui lui procure un aspect arbustif. Les feuilles antérieures sont entièrement développées.

Stade V4 : Développement maximal de la canopée indique le dernier stade végétatif. Celui-ci se termine avec l’apparition des boutons floraux, qui entame la phase de reproduction.

 

1.3.4.- Phase de reproduction

C’est la dernière phase du cycle de culture de la plante. Elle est déclenchée par l’apparition des boutons floraux pour aboutir  au murissement des fruits. Elle renferme quatre stades qui peuvent se repartir de la façon suivante :

Stades R1- Floraison

Apparition des boutons floraux, l’éclatement des fleurs et leur pollinisation.

 

Stades R2- Fructification

Formation des fruits, leur développement, et les modifications de couleur du vert tendre mêlée  de brique au violet/pourpre.

 

Stades R3- Maturation

Stabilisation de la couleur du fruit qui devient plus fonce et plus brillant. Ce stade s’achève avec le durcissement de la base du fruit.

 

Stades R4- Murissement

Décoloration du fruit qui passe progressivement du pourpre fonce ou presque noir, au marron, puis au marron clair. Dépérissement important du fruit ou la maturation des graines est complètement achevée.

Il faut souligner que les phases végétatives et de reproduction sont entrecroisées, c’est-a-dire, au départ la phase végétative se fait seule. Une fois la dernière est entamée, elles se font simultanément. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’étape végétative traine beaucoup plus longtemps ; et favorise une production échelonnée. La longueur du cycle de production varie avec la variété et les conditions de culture.

 

1.4.- Paramètres affectant la production en zone de plaine

Les exigences culturales de l’aubergine sont faibles par rapport à d’autres cultures légumières, telles : l’oignon, le chou, la carotte,  certains légumes feuilles. Cependant, quelques facteurs peuvent influencer sa culture surtout en zone de plaine. Ce sont principalement : la température, l’eau, le vent.

 

1.4.1.- Climats et sols

1.- Température

L’aubergine peut croitre depuis le niveau de la mer jusqu'à 750 mètres d’altitude. Cependant les variations de température agissent directement sur la durée du cycle végétatif de cette plante. Elle se développe normalement à des températures optimales entre 24 à 320C durant le jour et 15 à 200C la nuit. Toutefois, à des températures inferieures à 160C, il y a une diminution de la croissance et de la floraison, et à celle supérieure à 350C on observe un désordre dans leur cycle végétatif.

2.- Pluviométrie                                                                                           

Cette plante exige pour sa culture entre 600 a 900 mm de pluies durant sa phase végétative et jusqu’à 1200mm si la reproduction est échelonnée sur une période relativement longue. Malgré que cette culture légumière résiste mieux aux déficiences hydriques. Elle est particulièrement sensible au déficit hydrique pendant et immédiatement après son repiquage, et au moment de la floraison et la formation du fruit. Le manque d’eau au cours de ses dernières période diminue le nombre et le poids moyen des fruits  Cet effet d’autant plus grand si la température est élevée et l’humidité faible. En zone irriguée, en période sèche, l’irrigation est nécessaire presque tous les 8 – 10 jours, avec un débit suggéré aux alentours de 30 l/s pour une meilleure imprégnation du sol. La stagnation peut entrainer des conséquences relativement graves sur la plante. Donc il faut pratiquer un bon drainage et éviter les sols marécageux.

3.- Sols

L’aubergine requiert pour son bon développement un sol bien drainé de type sablo- limoneux, a bonne fertilité et riche en matière organique. Par contre, elle s’adapte à presque tous les terrains

4.- Vent

Le vent est nuisible à l’aubergine  uniquement comme agent d’évapotranspiration  en faisant accroitre le besoin en eau, donc la fréquence d’irrigation. Rarement, les vents violents occasionnent la verse chez l’aubergine vu l’importance de son système radiculaire.

5.- Insolation

Elle est une plante de pleine lumière et de jours longs (13  -  14 heurs) qui nécessite une exposition nette au soleil et une intensité lumineuse assez élevée. Cette exposition est d’autant bénéfique pour elle, quand elle ne subit aucun déficit hydrique et que l’ETP du milieu ambiant est faible.

1.4.2- Maladies de l’aubergine

Quoique relativement rustique, la plante peut être affectée par certaines maladies cryptogamique, bactérienne et mycoplasmique. Parmi les maladies les plus rencontrées en zone de plaine il existe flétrissement bactérien. La fonte de semis, l’anthracnose, pourriture grise.

  •   Flétrissement bactérien

C’est une maladie bactérienne qui est provoquée par Pseudomonas solanacearum. La bactérie se conserve dans le sol et peut pénétrer la plante par les racines à la faveur des blessures. Elle survit indéfiniment en sol humide mais pas plus d’un mois en sol complètement sec.  La maladie se développe en sol ayant un pH variant 5.5 à 6.5. Elle se manifeste d’abord par le ramollissement et le recourbement vers le bas de certaines feuilles ou une partie de feuille, puis l’apparition sur la tige de nombreuse  protubérance. Ensuite, le flétrissement gagne l’ensemble des feuilles, la tige, et la plante entière meurt.

 

  •   Fonte de semis (Damping off)

 L’agent causal de cette maladie, Sclerotium rolfsii, est un champignon du sol qui provoque la mort des plantules. La maladie se manifeste par une pourriture des plantules récemment émergées, qui fanent et meurt. Ce champignon produit au collet de la plante des filaments blancs ramifiés qui se propagent dans les particules de terre et forment des sclérotes. Ce champignon attaque aussi les fruits qui sont en contact avec le sol. A ce moment de grosses taches brunes circulaires peuvent être observées sur la pelure des fruits.

 

  •   L’anthracnose des fruits

Cette maladie est provoquée par Colletotrichum gloeosporioides var melongenae et affecte principalement les fruits, ainsi que les feuilles. Les premiers symptômes sont l’apparition de taches ovales de 5 à 10 mm de diamètre, déprimés, se recouvrant de petits points roses confluents, les acervules du champignon. Les fruits atteints sont invendables, car ils sont facilement envahis par des pourritures secondaires.

 

  •   Pourriture grise

 Cette maladie est due à un champignon, Botrytis cinerea, et se manifeste par la pourriture des fruits à partir des pièces florales encore présentes.

1.4.3.- Ravageurs et/ ennemis de l’aubergine

Les ennemis et ravageurs de l’aubergine ne sont pas moins nombreux, ce sont généralement : les acariens, la mouche blanche, les pucerons, les punaises, les cochenilles, les vers blanc, les chenilles.

  •   Les acariens sont des animaux polyphages de très petite taille, à peine visible à l’œil nu. Ils sucent la sève de la plante et occasionnent une teinte grise, poussiéreuse et sablonneuse des feuilles. A la face supérieure de celles-ci apparaissent d’abord des petits points blanchâtres puis des éclaircissements et finalement un jaunissement.

 

  •   La mouche blanche, Bemissia tabaci provoque des dégâts importants sur de nombreuses cultures. Les nymphes et les adultes sucent la sève des feuilles causant le jaunissement de la rugosité et la défoliation de la plante.

 

  •   Le tigre de l’aubergine (Corythaica planaris). Cet insecte appartient à la famille des Tingitidae. Les dégâts causés par celui-ci apparaissent au troisième mois de la plantation sous forme de grosses taches jaunâtres entre la nervure médiane et le bord du limbe des feuilles adultes. Les feuilles infestées tombent, provoquant ainsi la défoliation de la plante.

 

  •   Les pucerons sont des ravageurs universels qui nuisent aux plantes par leur activité de succion. L’espèce, Myzus persicae agit sur la face inférieure des  feuilles. A ce moment les feuilles sont crispées et enroulées ver le bas. Cette distorsion est suivie d’un jaunissement, puis de la chute des feuilles  attaquées.

 

  •   Les punaises fétides portant le nom scientifique Nezarra viridula sont pourvues d’un rostre qui leur permet de perforer les tissus et d’absorber par succion les liquides de la plante. Elles se trouvent ordinairement à l’aisselle des feuilles, et sur les fruits en cours de croissance. Les piqures sur les feuilles provoquent des taches chlorotiques et les feuilles attaquées se déforment, deviennent rabougries et tombent.

 

  •   Les cochenilles

 Le Chionapsis citri couramment dénommé cochenille attaque aussi l’aubergine. Après succion de la sève, il exsude dans leur sécrétion un miellat sur lequel se développe la fumagine. Ce liquide sucré attire les fourmis qui, en construisant leur nid à la base de la plante, nuisent celle-ci et leur donne une apparence chétive. Ces plantes produisent peu et dépérissent rapidement.

 

  •   Vers blanc (Mawoka)

Les larves de coléoptères (Phyllophaga spp) appelées «mawoka» sont des vers blancs, généralement en forme de C 2 à 3 cm de long, retrouvés dans le sol. Elles sectionnent entièrement les racines de la plante provoquant successivement le flétrissement, le jaunissement et le desséchement complet de la plante qui se laisse facilement arracher.

 

  •  La chenille noirâtre (Agrostis Sp), la Coccinelle grise (Solanaphila pavonia) qui rongent les feuilles, ainsi que les Mineuses (Liriomysa trifolii ; L. huidobrensis) qui creusent des galeries sinueuses et grisâtres au niveau des feuilles, occasionnent toutes des dégâts plus ou moins important selon le niveau  d’infestation. Elles diminuent la capacité photosynthétique et la vigueur de la plante.

 

  •   Diabrotica

L’insecte adulte, Diabrotica spp perfore  les feuilles en y pratiquant des petits trous ronds ou encore consomme le bord des feuilles. Les prises de nourriture sur des plantes âgées créent rarement des dégâts.

 

 

1.5.- Importance alimentaire et économique de l’aubergine

1.5.1.- Valeur alimentaire de l’aubergine

L’aubergine, comme la plupart des légumes, est consommées pour sa teneur en minéraux, en vitamines, en fibre et en eau. C’est un légume-fruit apprécié par les consommateurs pour sa teneur assez abondante en fibre, soit 2,5 g aux 100 g de produit et qui est bien tolérées par les intestins. Selon l’Agence des fruits et légumes frais (Aprifel), les vitamines de l’aubergine sont bien diversifiées et sont des vitamines du groupe B, vitamine E (tocophérols végétaux), et en petite quantité la provitamine A et la vitamine C (à des taux variantes entre 2 et 8 mg aux 100 g de produit). Elle est riche en eau (92%) et d’une teneur appréciable en potassium (260 mg), calcium (10mg) et magnésium (13mg) pour 100 g de produit

 

1.5.2.-  Valeurs médicinales et thérapeutiques de l’aubergine

L’aubergine est aussi reconnue pour ces propriétés médicinales, comme  les propriétés diurétique, analgésique, antirhumatismale, et aussi la capacité de réduire le taux de cholestérol. La concentration en potassium (K), en sodium (Na) contenue dans ce fruit, facilite une bonne rétention d’eau dans les tissus de l’organisme humain, tout en stimulant la sécrétion de l’urine au moment opportun. Il se révèle bénéfique pour le foie, réduit les ulcères d’estomac, augmente l’appétit et guérit la constipation.

En médecine traditionnelle haïtienne, il est employé contre les abcès et pas mal d’infection de la peau, avec de l’huile de coco, en cataplasme. La macération des racines et des feuilles mélangées, est utilisée en friction contre le rhumatisme articulaire. Le « jus » de la plante est employé comme substance analgésique dans l’oreille ou dans les cavités des caries dentaires.

La propriété reconnue par les scientifiques est celle de pouvoir réduire le taux de cholestérol. Des études réalisées aux Etats-Unis et en Autriche ont montré que l’aubergine était capable de limiter l’augmentation des lipides et du cholestérol sanguins, augmentation qui suit habituellement l’absorption des corps gras (et d’aliments riches en graisse). Selon des chercheurs, l’aubergine renfermait des substances (fibres particulières, composés spécifiques) ayant la propriété de maintenir le cholestérol dans la lumière de l’intestin. Cela permettrait au cholestérol d’être expulsé sans avoir été réabsorbé (Medisite, 2004).

 

1.5.3.- Valeur économique de l’aubergine

Du point de vue économique, l’aubergine rapporte des devises, chaque année, aux pays exportateurs. En 2003, par exemple, les exportateurs mondiaux ont enregistré un chiffre de deux cent vingt sept million huit cent quatre vingt trois mille (227 833 000) dollars de devise, pour deux cents quatre vingt sept mille sept cent quatre vingt (287 780) tonnes métriques d’aubergine (Annexe B). Cette activité est tellement importante que certains pays exportent près de la moitié ou presque la totalité de leur production, soient respectivement 40.62 % et 98.74 % de celle de l’Espagne et des Pays-Bas.

 

2.- Présentation de la zone de Bocozelle

2.1.- Cadre physique de Bocozelle

2.1.1.- Localisation

Bocozelle est une section communale de la commune de Saint-Marc, faisant partie de la Vallée de l’Artibonite qui est comprise entre 71037’ et 72047’ de longitude ouest. Elle est située au sud-ouest de la Vallée, limité au Nord et à l’Est par le fleuve Artibonite, au Sud par la route nationale #1, a l’Ouest par la mer. Elle a une superficie de 6060 hectares et irriguée par le canal Artibonite Sud qui prend naissance au Barrage de Cannot. Il regroupe cinquante deux (52) localités.

 

2.1.2.- Conditions climatiques

2.1.2.1.- Pluviométrie

Cette zone est caractérisée par deux grandes saisons, une saison sèche qui va de novembre à avril. Au cours de cette saison, il y a une diminution de 35% à 45% de la superficie cultivée en riz au profit d’autres cultures (maraîchères, céréalière) et une saison pluvieuse qui va de mai à octobre qui reçoit 850 mm de pluie en moyenne (SNRE, 2005).

 

2.1.2.2.- Température et humidité relative

La moyenne thermique de la zone est de 21,10C. En été la température moyenne avoisine les 340C et le minimum en saison fraiche 17,80C c’est-a-dire en hiver. Pour l’humidité relative les valeurs moyennes varient entre 50,5% en septembre et 75,5% en janvier.

 

2.1.2.3.- Insolation et vent

L’insolation varie d’un  maximum de 9,4 heures/jour en avril à un minimum de 8,3 heures/jour en novembre. Les vents sont généralement modérés. Ils varient entre 2,0 a 5,0 m/s. la moyenne annuelle est de 2,5 m/s.

 

2.1.2.4.- Evapotranspiration potentielle

Les valeurs moyennes journalières et mensuelles de l’évapotranspiration potentielle varient entre 3 et 6 mm/jour et 100 à 180 mm/mois.

 

2.1.3.- Conditions pédologiques

Les sols prédominants sont argileux avec quelques variantes alluvionnaires dans les zones proches du fleuve cultivées en légume. Ces sols ont une profondeur de plus de 1,2 m avec une texture de l’horizon superficiel qui varie entre argile a limoneux ou limono argileux a argile. Le pH de ces sols varie en général de neutre à légèrement alcalin.

 

2.2.- Cadres socio-économiques de Bocozelle

2.2.1- Population et migration

Dans les cinquante deux (52) localités de Bocozelle abrite une population de 33700 habitants vivant principalement de l’agriculture et de l’élevage. A cause du manque de service et de la détérioration des conditions de vie, il y a un exode massif des gens vers les centres urbains comme Saint-Marc, Port-au-Prince et vers d’autres pays étrangers comme la République Dominicaine et les Etats-Unis. Parallèlement beaucoup de gens migrent dans la zone à la recherche d’emploi dans le secteur agricole. La main d’œuvre agricole se tourne vers ces étrangers venant principalement du Far West, Désarmes, Gros Morne et du Plateau Central.

 

2.2.2.- Route et infrastructures agricoles

Certaines localités de la 5eme section jusqu'à présent enclavées. Les routes qui y donnent accès sont en terre battue et mal entretenue et presque impraticable en période pluvieuse. Il y a un tronçon de route qui commence à l’ouest du carrefour de Pont-Sondé et se termine dans le quartier Bocozelle. Un autre tronçon part au bas du Gros Mornes Saint-Marc et se termine à Lespeches. Les infrastructures agricoles sont dérisoires et sont loin d’être capable de promouvoir un développement rural intégré. La zone est dotée seulement de deux canaux d’irrigations, le canal Artibonite Sud construit en en 1951 et prolongé vers Poirier e 1999 et actuellement vue la faible débit de ce canal, une prise est par un canal bétonné depuis la zone la session, puis amenée l’eau à poirier, et le canal Colminy construit en 1978 et réhabilité vraisemblablement vers 1984.

 

2.2.3.- Marché

Le marché Pont-Sondé est le plus grand marché régional fréquenté par les habitants de Bocozelle. Ce marché fonctionne les mercredi et samedi. Certains d’entre eux fréquentent le marché de l’Estère qui de son coté fonctionne le mardi et vendredi.

 

2.2.4.- Institutions et organismes d’encadrement

Il n’y a pas beaucoup d’organisme dans la zone. A part de l’ODVA (Organisation pour le Développement de la Vallée de l’Artibonite) qui intervient dans la zone, on dénombre plus d’une d’organisations paysannes mise en œuvre par la croix rouge de Saint-Marc dans le cadre du projet de Gestion des risques et désastres naturels et aussi antérieurement a la faveur de la mouvance politique des années 90.  Récemment des associations comme ADS, AJADD, MPAH5 sont constituées pour porter les revendications des agriculteurs de la zone.

 

3.- Système de culture de l’aubergine à Bocozelle

3.1.- Les sites de production d’aubergine à Bocozelle

Les dix (10) localités où la production d’aubergine est la plus importante sont regroupées en trois blocs la similitude au niveau des techniques de production. Le bloc I comprend trois (3) localités qui sont : Les pêches, Jacques et Bertrand. Dans ce bloc l’aubergine se trouve en culture pure et a l’intérieur des parcelles, dans la majorité des exploitations. Concernant le bloc II, les localités sont au nombre de quatre (4) : Bois-Neuf, Grand-moulin, Chevreau, Fève. L’aubergine est fortement associée à d’autres cultures et occupe les billons en pourtour des carreaux. Le dernier bloc (bloc III) est composé de Parent, Seguin et Ferry comme localités. La culture d’aubergine se fait sur billon, pure ou associée, après une campagne de riz.

 

3.2.- Calendrier cultural de l’aubergine à Bocozelle

D’après le tableau ci-dessous le temps d’occupation du sol de l’aubergine est de quatre (4) mois soit d’octobre à avril. Les pépinières d’aubergine se font au cours du mois septembre a octobre, en général et la plantation se fait environ un mois après levée.

Calendrier de l’aubergine en culture pure

      Août      Sept.    Oct.    Nov.    Dec.    Janv.     Fév.    Mars     Avril      Mai    Juin    Juil.

                     Pépinière 

                                   Repiquage

                                                                    Récolte

 

En association avec d’autres cultures, les pratiques concernant l’aubergine ne change pas : la pépinière, le repiquage et la récolte se réalise de la même façon que précédemment. Toutefois, elle jouit de quelques soins supplémentaires attribués à d’autres cultures plus exigeantes telles l’oignon, le piment, la tomate. Le tableau qui suive présente le calendrier cultural des parcelles où l’aubergine est associée à d’autres cultures.

Calendrier de cultures associées à l’aubergine

 

                             J    A    S    O    N    D    J    F    M    A    M    J    J    A    S    O    N    D    J

 

P

R

R

 

 


Aubergine                           

 

P

R

R

 

 


Piment                                        

 

P

R

 

 


Oignon

 

P

R

R

 

 


Calalou

 

 

R

P

Manioc                                            

 

 

 


P: Plantation                      R: Récolte

 

3.3.- Rotation

Dans les trois blocs, après la campagne de culture légumière, l’aubergine en particulier, se place une campagne de maïs. Dans les jardins où il existe une association avec l’oignon, le haricot a l’habitude de jouer un rôle d’intermédiaire entre ces deux campagnes. Parfois, le carreau reste en repos durant une courte période constituant une jachère allouée à la parcelle. Donc la rotation se fait comme suit :

               Aubergine // Maïs // Jachère // Aubergine                 (Bloc I et II)

               Aubergine // Riz // Aubergine                                     (Bloc III)

 

3.4.- Pratiques culturales de l’aubergine

3.4.1.- En pépinière

3.4.1.1.- Etablissement de la pépinière

La préparation des plantules représente une phase importante dans la mise en place de la culture. Elle  débute généralement au cours du mois de septembre et se termine en octobre. Cette phase dure entre trente(30) et quarante(40) jours. Les pépinières sont établies généralement dans les parcelles à des endroits réservés à celle-ci. Parfois, elles sont établies dans lacour des habitations, pour les procurer plus de soin, de surveillance et éviter certaines pertes comme le vol, les accidents et autre.

Elle commence avec la mise en place de la plate-bande. La dimension de cette dernière varie de 1,60 à 1,90 m de longueur et de 0,50 à 0,65 m de largeur et environ 5 cm de haut. Elle renferme généralement 9 à 11 lignes espacées de 15 à 20 cm. Le semis se réalise à la main, dans des sillons de 2 à 3 mm de profondeur. La plate-bande, généralement conçue pour une cuillère de semences, est ensuite recouverte de paille suivie d’un arrosage abondant. Elle ne sera découverte que huit (8) jours après, sinon les plantules auront tendance à être effilées. Elle présente une certaine densité de levée, en condition normale, de 1 700 à 1 800 plantules émergées pour une superficie moyenne de 1,09 m2. Les pertes au niveau de la pépinière varient de 5 à 15% selon les dires des producteurs. Elles sont dues soit par maladie, soit par excès d’humidité ou par vol. Durant tout le développement de plantules, des soins particuliers leurs sont alloues.

 

3.4.1.2.- Soins des plantules en pépinière

Ils peuvent être classés en quatre (4) rubriques qui sont par ordre d’importance : arrosage, binage, traitement phytosanitaire et fertilisation. L’arrosage se fait au moins une fois par jour soit le matin ou dans l’après midi. Le binage est effectué une fois par semaine soit quatre (4) binages durant toute la durée en pépinière, entre les lignes de semis. Elle ameublie le sol compacté par l’eau lors de l’arrosage. Les opérations de traitement phytosanitaire et de fertilisation se font en même temps avec un mélange de fongicide, plus précisément le Dithane (80 PM), d’engrais foliaire granulé (20-20-20 N, P, K) et d’insecticide, généralement le malathion 50 EC.

3.4.2.- En plein champ

3.4.2.1.- Choix des parcelles

Dans les blocs I et II, les parcelles destinées à la culture d’aubergine sont celles où la culture de riz n’est pas pratiquée, et possèdent une caractéristique particulière. Ces parcelles sont plus rapprochées du fleuve, et sont exposées beaucoup plus aux crues du fleuve, et de pente assez légère pour favoriser le drainage.

Par contre, pour le 3 eme bloc, les parcelles d’aubergine sont en rotation avec le riz ; la culture de l’aubergine se fait immédiatement après une campagne de riz.

 

3.4.2.2.- Préparation de sol

La préparation du sol commence au même moment à la mise en place de la pépinière. Sa durée est variable, et dépend de la situation socio-économique du producteur et de ses moyens. Elle compte quatre (4) à cinq (5) étapes. Elle débute toujours par un débroussaillage couramment appelé « Ripé ». C’est un désherbage très léger, qui se fait surtout pour enlever et détruire les mauvaises herbes développées durant la période de repos. Cette étape est suivie d’un labourage, puis vient le carreautage et enfin la trouaison qui s’effectue la veille de la plantation. Dans le cas où la culture se fait sur billons, ces derniers sont préparés juste après le carreautage.

Il est à noter que, lors de l’association avec l’oignon certaines opérations se font exigiblement, par exemples, l’émiettage qui se fait méticuleusement à la houe et/ou la machette, entre le carreautage et la trouaison.

 

3.4.2.3.- Repiquage

Environ un mois après le semis, les plantules acquièrent un développement suffisant pour être transplantées. A ce moment, les producteurs effectuent un arrosage très abondant. Puis les plants sont enlevés de façon à diminuer tout dommage au niveau du système radiculaire. Les plants d’une même plate bande sont groupés et conservés dans un récipient, les racines dans de l’eau pour éviter tout desséchement de celles-ci. Pour accomplir la plantation il faut nécessairement de l’eau et de la main d’œuvre : cette dernière pour effectuer le repiquage et le transport de l’eau. L’eau est versée dans les trous fouillés pour la plantation de telle sorte que le sol soit en condition idéale à l’opération. Ce genre d’opération se fait le matin et/ou dans l’après midi, ainsi que l’arrosage. Ensuite l’arrosage régulier est nécessaire aux plantules puisque le repiquage se fait à raison d’un plant de 3-5 feuilles par poquets ou de 2 plants quand le nombre de feuilles est inferieur à trois (3), ou les plantules sont chétives. Le taux de reprise varie, selon les enquêtés, de 90-100%. Une à deux semaines après la plantation, le dégarnissage peut se produire pour les poquets ayant les deux plants repris. Ceci est réutilisé pour regarnir les parcelles.

Les tableaux qui suivent, présentent la densité de repiquage des plantules des localités des blocs I, II et III. Au bloc I, elle dépasse légèrement la densité suggérée qui est de 13 500 plants à l’hectare pour la localité Jacques, mais la moyenne pour ce bloc est acceptable, car elle est comprise entre 11 000 et 13 500 plants pour un hectare.

Densité d’aubergine du bloc I

Observation

Lespêches

Bertrand

Jacques

Moyenne

Superficie (m2)

25

25

25

25

Nombre de pieds

31

30

34

30

Densité / ha

12 000

12 400

13 600

12 666,66

 

Au bloc II, la densité de plantation est trop élevée, et ceci est dû à une réduction de la distance entre les poquets.

Densité d’aubergine du bloc II

Paramètre

Grand-Moulin

Bois-Neuf

Chevreau

Fève

Moyenne

Superficie (m2)

25,986

25,32

24,05

27,17

25,32

Nombre de plants

41

39

37

40

39,25

Densité / ha

15 777,72

15 402,84

15 384,61

15 826,29

15 314,08

 

 

Au bloc III, la distance de plantation fluctue entre 50-90 cm, la moyenne de la densité pour le bloc se situe entre l’intervalle optimal suggéré.

Paramètre

Parent

Seguin

Ferry

Moyenne

Superficie (m2)

25,25

25,00

25,50

26,25

Nombre de plants

7 / billon

8 / billon

7 / billon

7 / billon

Densité / ha

13 861,38

10 000

13 725,49

13 333,33

 

3.4.2.4.- Irrigation

A Bocozelle l’irrigation des jardins se fait de deux manières : a la pompe (blocs I et II) ou par utilisation de l’eau des canaux primaires (bloc III).

La fréquence d’irrigation est de 2-3 fois par mois, soit entre 13 à 16 pour le cycle de production, dépendant des possibilités de l’exploitant. A la phase de fructification, elle augmente jusqu'à quatre, c’est-a-dire tous les huit (8) jours. Mais au début, pour s’assurer un bon taux de reprise, l’arrosage se fait à la main les deux (2) premières semaines qui suivent le repiquage.

A chaque arrosage, l’exploitant achète le carburant et paie en plus le coût d’arrosage qui s’élève au prix de l’essence. Parfois, certains ne sont pas en mesure de payer immédiatement, et proposent de le faire au moment de la récolte.

 

3.4.2.5.- Sarclage

Le sarclage est nécessaire pour éviter la compaction du sol et pour lutter contre les mauvaises herbes. Un nombre de désherbage varie avec les opérations de préparation de sol effectuées. En faite, deux sarclage doit suffire a la culture, l’une quelque temps après le repiquage et l’autre avant la période de floraison pour les producteurs pratiquant le labourage. Cependant, pour les autres, trois (3) sarclages sont nécessaires l’une après le repiquage et les deux (2) autres avant la floraison.

 

3.4.2.6.- Fertilisation

Concernant la culture de l’aubergine, la fertilisation se fait une à trois fois, durant tout le cycle de production. La première se réalise trois semaines après la plantation. La seconde, avant ou au cours de la floraison et la dernière, se réalise généralement après les premières récoltes, pour stimuler la grosseur des fruits. L’application se fait à la main et de façon localisée, avant un arrosage. Parfois, les producteurs font un mélange d’engrais : urée, et l’engrais complet (20-20-10) pour la première. Par contre, la quantité et les proportions ne sont pas connues. Les grands producteurs utilisent environ deux sacs de 100 lbs d’engrais complets a l’hectare ; les moyens et les petits respectivement 1,5 et 1 sacs a l’hectare. Certains utilisent l’urée lors de la première fertilisation a environ  sac a l’hectare.

 

3.4.2.7.- Problème et traitement phytosanitaire

Quoique relativement rustique, l’aubergine est confrontée à de nombreux problèmes phytosanitaires. Ces problèmes sont rencontrés dans toutes les localités, bien que la période de campagne ne coïncide pas à celle de la pullulation des insectes ravageurs et vecteurs. Mais par contre, c’est le traitement à ces problèmes qui fait la différence. Pour combattre les ennemis les produits phytosanitaires de la pépinière sont utilisés. Cependant, la dose est double ou triple par application suivant le développement de la plante.

 

3.5.- Récolte et rendement

La récolte commence 75 à 80 jours après transplantation. Elle se fait à la main à l’aide d’un objet tranchant, un couteau par exemple. Elle s’étale en général, sur trois mois, soit de février à avril ; mais elle peut démarrer à la fin du mois de janvier, dans certains cas. La cueillette est réalisée chaque semaine et elle est toujours suivie d’un arrosage.

Le rendement est un paramètre agronomique qui résulte de l’action combinée de plusieurs facteurs (contrôlable et incontrôlable). Il peut osciller d’un producteur à un autre, même à l’intérieur d’une localité. Les rendements retrouvés au niveau de Bocozelle varient entre 425 à 625 sacs d’aubergine de 30 Kg soit, 15,64 à 21,15 TM/ha.

Le tableau ci-dessous présente les rendements par catégorie de producteurs et par bloc.

Rendement en TM/ha par bloc et par catégorie de producteurs

Bloc

Catégorie de producteur

Moyenne

Grand

Moyen

Petit

TM/ha

I

19,89 A

a

19,58 A

a

17,74 A

b

19,07 A

II

18,47 B

a

18,03 B

a

17,31 A

ab

17,94 B

III

19,52 A

a

18,85 C

a

16,53 B

B

18,30 AB

Moyenne

19,29

a

18,82

a

17,19

b

18,44

A, B, a et b*

 

D’après les analyses statistiques des rendements collectés, le rendement moyen de la culture d’aubergine à Bocozelle est de  18,44 tonnes à l’hectare. Cependant, on doit noter qu’il n’existe pas de différence significative entre les rendements obtenus par les grands et les moyens producteurs, tous les blocs confondus. Le bloc I est plus performant que les autres avec un rendement moyen de 19,07 TM/ha.

La différence de rendement observée entre les deux premières catégories (grands et moyens producteurs) et celle des petits producteurs peuvent s’expliquer par le fait que ces derniers font généralement face à beaucoup plus de contraintes économiques qui leur empêchent de répondre convenablement aux exigences de la culture. En ce qui a trait a la différence observée entre les blocs, plus précisément entre le premier et le deuxième, ceci est due à cause de certaines pratiques culturales telles la densité de plantation, les associations et la disposition spatiale des cultures associées.

 

3.6.- Atouts et contraintes rencontrés dans la filière d’aubergine

3.6.1.- Atouts liés à la production

Tout au cours de cette étude certains points ont été retrouvés et jugés être des avantages à la production d’aubergine. Parmi tous ces points cinq (5) semblent être capital, et seront développés dans cette partie.

  •   Conditions climatiques et édaphiques : les conditions météorologiques de Bocozelle, climat sec et chaud, ainsi que les différentes couvertures pédologiques rencontrées, qui sont comparables aux plaines alluviales et présentent une bonne fertilité (fertilité qui se renouvelle à chaque période pluvieuse où les crues et recrues du fleuve inondent les terrains), sont favorables a de nombreuses cultures particulièrement la culture de l’aubergine.

 

  •   Disponibilité de l’eau : le fleuve de l’Artibonite délimite la 5eme section communale de la commune de Saint-Marc et les différentes prises de la branche de la salle Flood Way rendent disponible l’eau dans une bonne partie de Bocozelle, plus précisément les zones rizicoles. Par contre, pour les autres parties, par exemple les deux blocs I et II, où la pratique de culture maraîchère est en vogue l’irrigation se fait à la pompe. Donc, l’eau est réellement disponible et très proche des parcelles.

 

  •   Accessibilité aux marchés : les voies de pénétration à Bocozelle permettent, malgré tout, aux producteurs et marchandes d’avoir accès aux marchés locaux {Pont-Sondé et l’Estère). Ceci représente un avantage à la production, puisque ce sont les marchés les plus fréquentés de la région. Cet avantage est encore plus appréciable dans le cas des madames saras qui pénètrent jusque dans les parcelles pour s’approvisionner en aubergine.

 

  •   Disponibilité en intrants dans la région : les succursales des importateurs nationaux retrouvées à Pont-Sondé, l’Estère et Saint-Marc, les différentes boutiques d’intrants agricoles rendent moins pénible l’achat des intrants aux producteurs. En plus, il existe des marchandes / commerçants facilitent et participent aussi à cet avantage. Un dernier aspect à souligner dans cette partie c’est la vente en gros et en détail de la majorité des produits, au niveau des boutiques individuelles et aussi par les marchandes.

 

3.6.2.- Contraintes liés à la production

Les contraintes identifiées à Bocozelle ont autant de poids sur la balance de la production d’aubergine que les avantages. Elles sont présentées en cinq (5) points. Par ordre d’importance on a :

  •   Coût des intrants : le poids moyen des fruits récoltés est en rapport à la quantité de matière sèche (éléments fertilisants) accumulée par la plante. Donc, la compensation des éléments minéraux en carence dans le sol par des amendements / fertilisations est essentielle. L’approvisionnement en intrants particulièrement celui de l’engrais représente une des postes de dépense les plus onéreuses pour les producteurs. Quoique disponible, la hausse des prix des intrants sur le marché diminue leur potentielle d’acquisition en ces produits.

 

  •   Soins phytosanitaires inadéquats : les maladies et ennemis de l’aubergine nuisent au bon fonctionnement de la plante. C’est la raison pour laquelle les luttes phytosanitaires sont importantes. Elles doivent être efficaces et efficientes. Pour cela, elles doivent être effectuées à temps, de façon convenable, avec les produits appropriés. Le plan et les modes de traitements employés par les producteurs, le prix des produits phytosanitaires et les frais de main d’œuvre, augmentent les coûts de production et rendent inefficace les méthodes de lutte.

 

  •   Prix inefficace :   l’adoption de cette culture par un grand nombre de producteurs simultanément provoque une chute du prix moyen d’un sac d’aubergine de 30 kg en période de forte production. Cette diminution du prix n’est pas à l’avantage des producteurs qui ne disposent pas de moyens de conservation ou de transformation.

 

  •  Coût de l’irrigation : le coût de l’irrigation dans les deux premiers blocs engendre une irrégularité dans les plans d’arrosage. Or l’accroissement de la production d’un champ d’aubergine dépend en grande partie de la régularité de l’alimentation hydrique du jardin. La récolte de l’aubergine peut s’échelonner sur plusieurs semaines voire des mois avec une irrigation continuelle au cours du cycle de la plante.

 

3.6.3.- Atouts et contraintes liés à la commercialisation

Concernant les avantages liés à la commercialisation, ils ne sont pas trop nombreux mais considérable. Le plus important de tous c’est la marge réalisée au cours de l’activité. Le prix de revient des marchandises est généralement négocié durant l’entente. Par contre, les contraintes énumérées par les enquêtes sont nombreuses, parmi lesquelles on peut citer : les conditions de transport qui sont parfois difficiles pour les commerçants particulièrement les madames saras, les structures des marchés (physiques) pour les détaillants. La cherté de la vie est énumérée comme inconvénient important. La dernière contrainte retrouvée est le faible pouvoir de conservation des aubergines. Tout comme la tomate, l’aubergine est facilement altérée par la chaleur et ne peut être conservée pas plus de deux semaines.

 

4.- Conclusion et recommandations

Cette étude réalisée sur la filière Aubergine à Bocozelle a permis d’identifier trois catégories d’agents composant ladite filière :

La première catégorie est responsable de l’importation et la distribution d’intrants au niveau de la zone de la zone d’étude et comprend les importateurs nationaux, les boutiques locales et les marchands ambulants.

La deuxième catégorie est celle responsable de la production à la parcelle ; celle-ci est subdivisée en trois grandes classes en fonction de la superficie emblavée et le niveau économique de chaque producteur.

La dernière est celle responsable de la commercialisation de l’aubergine soit aux marchés locaux ou a Port-au-Prince. Elle est faite de Madame Sara, de vendeur local, et même de producteur.

En plus, ce diagnostic a permis de retracer l’exploitation plus ou moins rationnelle de cette culture, qui a débutée  au cours des années 1980 avec l’introduction des pompes d’irrigation à Bocozelle ; de voir que malgré les faibles moyens et facteurs de production des exploitants, les conditions agro-écologiques de Bocozelle sont réellement favorables a la culture et l’exploitation de celles-ci parait profitable aux producteurs. Le rendement à l’hectare varie entre 15,64 et 21,15 tonnes, soit en moyenne pour toute la zone de 18,4 TM/ha. Enfin, cette étude a permis de faire certaines recommandations a propos de la filière aubergine à Bocozelle.

Les recommandations jugées les plus pertinentes sont au nombre de deux (2) à savoir, un accompagnement technique et économique aux producteurs et une amélioration des structures devant favoriser la gestion de l’eau d’irrigation et la commercialisation du produit.

L’accompagnement technique et économique aux producteurs se fera :

  •  Pour une meilleure maitrise de techniques de production y compris la bonne gestion phytosanitaire.
  •  Pour un  système de crédit agricole durable, par des prêts à la production et/ou de subvention pour l’acquisition de matériel de culture et d’intrants particulièrement l’engrais, qui représente un fort pourcentage au niveau des charges de productions.

Et, les aménagements des structures sont :

  •   Pour une meilleure gestion de l’eau par l’aménagement des structures d’irrigation pour le bloc III et l’établissement de pompes communautaires à haut débit pour les blocs I et II.
  •   Pour une amélioration des structures physiques de différents marchés surtout ceux les plus proches de Bocozelle permettant une meilleure présentation.

En plus de ces recommandations tirées de cette étude, il serait nécessaire de conduire d’autre étude pour élargir les premières données fiables sur cette filière, pour augmenter le niveau de production et les revenus agricoles des producteurs à Bocozelle ou plus globalement la Vallée de l’Artibonite.


 

5.- REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

APRIFEL (Agence fruits et légumes frais) 2004. Fiche des produits. http://www.aprifel.com/fiches,produits.php

D’Arcy W.G., 1991. The solanaceae since 1976, with a review of its biogeography. In J.G. Hawkes, R.N. Lester, M. Nee, N. Estrada-R, Solanaceae 111 Taxonomy Chemirtry Evolution. Pub. Royal Botanic Gardens, pp. 75-137.

DAUZAT A. et Al. 1971. Nouveau dictionnaire ethymologique et historique, Librairie Larousse, France. 1720 p.

FAO. 2001. Production yearbook. USA. Vol 55. 326p.

FAO.2010. Données statistiques sur la production de l’aubergine.                              www.fao.org, septembre 2010

JONATHAS M-E. 2004. Enquête sur le système de production agricole du périmètre de la 5eme section de Saint-Marc (Vallée de l’Artibonite). Rapport de service civique 2003-2004 ODVA, 32p.

MAEP : Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pèche de Madagascar. www.maep.gov.mg/fr/filtecaubergine.htm, janvier 2011.

MARC-COLLUM. J.P. 1980. Production vegetable crops. Third edition. Interstate Printers & Publishers, INC, USA. 607p.

MEDISITE: l’Internet au service de la santé.                                                                www.medisite.fr

Ministère de la Coopération Française. 1991. Mémento de l’Agronome, 4eme édition, Réimpression 1993. Paris, France. 1635p.

MUSEAU H. 2003. Diagnostic de la filière carotte (Daucus carota L.) au niveau du plateau des Rochelois. Mémoire de fin d’étude, FAMV, Haïti, 52p.

ODVA. 1982. Organisme de Développement de la Vallée de l’Artibonite, son passé, son présent et son avenir. Vu à travers le rapport annuel 1980-1981. Pont-Sondé, Haïti, p179.

 



*  Les rendements qui sont accompagnes de même lettre n’ont pas de différence significative entre-eux, dans le cas contraire, il y a différence. Les lettres majuscules sont utilisées pour les colonnes et les minuscules pour les lignes.

Élevage en Haïti

SITUATION GENERALE

 En Haïti, l’élevage joue un rôle très important pour un bon nombre de la population, en particulier, les familles paysannes œuvrant dans cette branche d’activité qui leur fournit de l’argent pour payer  l’écolage de leur enfant, pour faire l’achat des semences destinées à l’agriculture qui est privilégiée par rapport à l’élevage. Malgré son rôle décisif dans le fonctionnement de l’exploitation, on a tendance à le considérer comme une activité secondaire. La quantité d’exploitants évoluant dans l’élevage est  fonction de plusieurs facteurs : sa capacité pour acheter et gérer des betails, la taille de l’exploitation, les types de travaux que réclame cette activité, le niveau de gestion des risques sanitaires. Selon le dernier recensement (RGA) du Ministère d’Agriculture des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR), on estime  actuellement que le cheptel national s’élève à 4, 661,448 têtes (Tableau 1). La répartition est ainsi faite : caprin local (créole), avec 2, 091,620 têtes, soit 44,9% ; bovin, avec 1, 103,532 têtes, soit 23,7% ; porcins, avec 1, 093,749 têtes, soit 23,5% ; ovin avec 359,181 têtes, soit 7,7% et caprin amélioré avec 13,366 têtes, soit 0,3%. Les volailles s’estiment à 4, 000,000 de têtes. S’agissant des ovins, ils ne se rencontrent que dans les zones à pluviométrie faible.

Tableau 1. Répartition du cheptel total, en propriété et en gardiennage selon l’espèce

Espèce

Effectif total

Cheptel en propriété

Cheptel en gardiennage

Effectif

%

Effectif

%

Effectif

%

Bovins

1, 103,352

23.7

891,328

21.9

212,204

36.2

Porcins

1,093, 749

23.5

985,200

24.2

108,549

18.5

Ovins

359,181

7.7

310,187

7.6

48,994

8.4

Caprins locaux

2, 091,620

44.9

1, 877,175

46.1

214,445

36.6

Caprins améliorés

13,366

0.3

11,006

0.3

2,360

0.4

Total

4, 661,448

100.0

4, 074,896

100.0

586,552

100.0

Source : Recensement général de l’agriculture (RGA), enquête exploitation 2009

 A travers les 10 départements du pays, le cheptel varie de 233,013 têtes dans les Nippes à 1, 172,128 têtes dans l’Ouest. Pour les autres départements la variation  du nombre de cheptel est comme suit : Artibonite avec 665,109 têtes (14.3%) ; Centre avec 534,538 têtes (11.3%) ; Sud avec 453,596 (9.7%) ; Nord-Ouest avec 430,462 têtes (9.2%) ; Grande-Anse avec 414,054 têtes (8.9%) et Sud-Est avec 350,771 têtes (7.5%).

 

Le secteur de la pèche et de l’aquaculture est loin d’être négligeable en vertu de son ample contribution dans les zones côtières où il génère des emplois le lieu où les opportunités économiques font défauts. L’ensemble du secteur fourni plus de 100.000 emplois directs et indirects. Pour une consommation per capita de 4.8kg, le poisson représente 18.9% des protéines animales et 5.5% des protéines totales.

Depuis la fermeture des usines de son de blé (Minoterie), du sucre (HASCO), d’huile de soja (SODEXOL) à la fin des années 1980, l’élevage en Haïti a commencé vivre ses derniers jours.  L’abattage systématique des porcs vers les années 1982 à 1983 a entrainé une décapitalisation à nulle autre pareille  des paysans pratiquant ce travail. A cette même époque,  la production industrielle de poulet a atteint 7 millions de têtes par année plus particulièrement de 1982 à1987, ce qui a permis à la population de faire face à la crise en viande suite à l’éradication de la peste porcine africaine. Dommage, après cet essor, l’embargo de 1991 à 1994 avait donné son dernier coup et ayant une conséquence sans précédente. Cependant,  la population ne cesse de croitre avec une augmentation importante des besoins en termes de consommation animale pour combler les déficits énergétiques.

Typologie

Il existe deux types en Haïti : l’élevage traditionnel ou familial et l’élevage moderne ou industriel. Mais, ce dernier n’est pas très répandu dans le milieu rural à cause des exigences, il est surtout concentré dans les zones peu urbaines de grandes villes, en particulier, la ville de Port-au-Prince. Il est très spécialisé avec un effectif élevé suivi d’une alimentation balancée et équilibrée. Il est pratiqué pour les poulets et les porcins alors que pour les autres animaux c’est un horizon à explorer. Quant à l’élevage traditionnel, il est pratiqué  à plus de 95% des familles haïtiennes en raison de l’alimentation qui est liée au système de culture et le choix de la nourriture varie suivant qu’il s’agisse de gros ou de menu bétail. C’est, d’ailleurs, un élevage non-specialisé et rustique. Malgré de multiples tentatives d’amélioration qui ont été faites, il est pratiqué hors de toutes les nouvelles connaissances et techniques obtenues durant les deux (2) siècles.

Les herbivores (bovins, caprins, ovins, équidés) sont conduits individuellement à la corde sur des jachères ou des résidus de récolte. A cause des chiens errants, les caprins et les ovins sont emmenés le soir dans la cour et sont tenus dans les parcs.

Races et souches

Pour les poulets, on trouve des poules créoles (indigènes), des pondeuses de races pures telles que : Leghorn, Plymouth Rock barre et des pondeuses de races issus de croisements industriels telles que : Souches ISA, Sources Euribrid, Hissex blanche, Souche Hubbard, Lohman selected Leghorn, Colden comet, Rhode Islande Red.

Pour les bovins, on rencontre les races zébu, Jersey, Brown-swiss, Holstein, Charolaise, Créole.

Pour les lapins, on trouve les races suivantes : Californienne, Géant des Flandres, Néozélandais, Bélier français, Chinchilla.

Pour les caprins, on trouve des races Alpines et les races Nubiennes.

Après l’abattage systématique des porcs, le repeuplement fut engagé avec des males pur sang et des femelles croisées d’origine américaine tels que : croisements multiples de Hampshire, Duroc, Jersey, Landrace, Yorkshire et avec des génotypes créoles de Guadeloupe, Gascon chinois, Gascon chinois-créole.

Les maladies

Bovins

Caprins, ovins

Porcins

Volailles (poules)

 

 

Maladie charbon, Douves du foie, strongles dans les poumons, la caillette et les intestins, ténias et coccidies dans les intestins, poues, tiques, Mammites, Pneumonie, Vers, Coccidioses, Piroplasmoses

Charbon bactérien ou fièvre charbonneuse, charbon systématique, Douves du foie, strongles dans les poumons, la caillette et les intestins, ténias et coccidies dans les intestins, gales, poues, tiques

Rouget, Colibacillose, Salmonellose, Arthrite, Maux des membres, PPA, PPC, Fièvre aphteuse, Maladie techen, Gales, Mammites

Coryza infectieux, Pasteurellose, salmonellose, Newcastle, variole aviaire, Gumboro, Marek, Bronchite infectieuse, Poues de poule

 

 

  Les acteurs

Bon nombre d’acteurs interviennent dans l’élevage en Haïti. Toutefois, leur intervention dépend de l’importance et la spécialisation de cette activité. A cet effet, on y trouve des éleveurs (petits et moyens), des agro-éleveurs, des producteurs d’aliment, des maquignons, des abatteurs entre autres.

Opportunités

En dépit du fait que les conditions de fonctionnalités de l’élevage soient très limitées en Haïti, il ya plein d’opportunités à exploiter :

  -Main d’œuvres abondantes. Plus de 60% de la population œuvrent dans le domaine agricole;

  -Marché propice pour l’écoulement des produits d’élevage;

  -climat tropical adapté à divers animaux;

  -potentialités aquacoles avec 1535 Km de cotes et un plateau continental ayant une superficie de 5.000 Km2. Et, une faune aquatique richement diversifiée;

  -Des zones  humides soumises aux conditions de l’élevage par exemple le plateau central.

Contraintes de l’élevage

Ces contraintes sont liées à l’ignorance quasi-totale des techniques modernes élémentaires des éleveurs;  le faible pouvoir d’achat de ces derniers pour payer les frais de services vétérinaires; la non-organisation de cette activité; le problème de dépistage des maladies endémiques; l’importation sans contrôle des produits venant de l’extérieure à savoir les morceaux de poule détachés et également les porcs; la fluctuation des couts des intrants et le prix à la consommation; l’instabilité politique; les intempéries; le problème d’alimentation car actuellement il ya peu d’acteurs œuvrant dans la production des aliments en quantité et en bonne qualité, l’absence de politique en matière d’élevage.

Il n’est pas hors des communs de constater que les aliments sont parfois excessifs ou suffisants pendant les bonnes saisons mais déficients ou déséquilibré pendant les saisons sèches.

Perspectives et recommandations

Non seulement l’élevage en Haïti joue un rôle majeur dans le fonctionnement de l’exploitation agricole mais aussi il peut être un secteur très prometteur si on lui confère toutes attentions nécessaires.

-le développement de la pêche maritime en vue d’exploiter les ressources halieutiques en utilisant des matériels nécessaires et adaptés par exemple dispositifs de concentration des poissons (DCP), chambres froides etc.…

-la construction des lacs collinaires en vue d’exploiter les eaux venant des bassins versants;

-la possibilité d’augmenter l’aviculture en priorisant les oiseaux améliorés (poules, pintades, dindes, canards etc.)

-l’augmentation de l’élevage d’ovins, de caprins, de lapins à travers tout le pays en mettant en évidence les bonnes pratiques d’élevage;

-avoir des bovins améliorés et adaptés  au climat pour la production du lait et de la viande;

-promotion pour l’apiculture en vue d’encourager les éleveurs à se lancer dans cette activité qui constitue une source de richesse non-exploitée; 

-accompagner les éleveurs en leur fournissant des supports techniques, financiers nécessaires;

-promouvoir une forme de coopérative adaptée à cette activité ce qui aura pour effet de susciter des intérêts chez les éleveurs en ce qui a trait à la vente des animaux;

-organiser les éleveurs en association aux fins de mieux planifier les interventions à faire;

-permettre aux éleveurs d’avoir accès à des formations continues surtout sur les techniques de conservation des aliments;

-avoir un programme de dépistage des maladies dans chaque région du pays en vue d’avoir une base de données des maladies présentes sur le territoire pour une bonne gestion de l’élevage;

-Transformer les exploitations traditionnelles en des fermes intégrées en mettant accent sur l’harmonisation des productions animales et végétales pour une valorisation optimale et durable des ressources disponibles.

 

Références bibliographiques

1.- BIEN-AIME A. (1998) Composante diversification par le développement de l’élevage et l’agrosylvopastoralisme, Port-au-Prince, Haïti

2.-  DEJOIE C. (2007), l’aviculture moderne : un facteur de développement en Haïti. RED, Port-au-Prince, Haïti. Edition Media texte. Vol3, No2.

3.-  JOSEPH Louis Kesner, (2005). Situation de la peste porcine classique dans la commune de l’Anse d’Hainaut du département de la Grand-Anse, Mémoire, FAMV.

4.- MARNDR, (2012). Résultat du Recensement General de l’Agriculture(RGA), Damien, Port-au-Prince.

5.- SEVERE Jean Joubert (2006). Diagnostic de l’élevage caprin dans le haut plateau central et perspectives d’amélioration. Mémoire, FAMV.

 

Préparé par TISMA Aniel, pour la PROMODEV

 

 

1.- Vue générale

Le riz représente 26 % de la production céréalière mondiale contre 25 % pour le maïs et 29 % pour le blé (SEBILLOTE, 1987). Cette céréale occupe 11% des terres cultivables de la planète, dans les zones géographiques et climatiques très diverses, du niveau de la mer à plus de 2500 m d’altitude. Le riz est cultivé dans plus de 100 pays sur tous les continents à l'exception de l'Antarctique, depuis le 50e degré de latitude nord jusqu'au 40e degré de latitude sud (PIRAS, 2003). Les pays producteurs sont essentiellement la Chine, la Thaïlande, le Vietnam, le Laos, la Birmanie, l'Inde, l'Iran, le Japon, le Bangladesh, l'Italie  la France le Brésil, les Etats-Unis, le Costa-Rica, le Surinam, la Guyane, la République Dominicaine et la République d’Haïti.

La production mondiale de riz non décortiqué a pu croître de 2,3% en 2005 et atteindre un nouveau record à 666 millions de tonnes selon la FAO. La production asiatique de riz non décortiqué a dépassé le seuil des 600 millions de tonnes cette année, et se monter à 605 millions de tonnes et la FAO a précisé que des hausses de productivité étaient anticipées pour l'ensemble du continent. En Afrique, la production de riz a augmenté de 3,6% à 23,2 millions de tonnes de riz, selon les estimations, tandis que la production en Amérique latine et dans les Caraïbes (sauf Haïti) a dû croître de 7,4% à 26,2 millions de tonnes, selon les données de la FAO. En revanche, la production régresse en Haïti, en particulier, dans la Vallée de l’Artibonite. Le volume de production de riz est passé en-dessous de la barre des 96 000 tonnes métriques (TM) en 2004, par rapport à 1985, où elle s’élevait à 125 000 TM (Agro-Presse, 2004). En outre, le rendement moyen des cinq (5) principaux producteurs du riz (Chine, Japon, Etats-Unis, Corée du Sud et Egypte) sont respectivement : 6.12, 5.87, 7.45, 5.99 et 9.43 tonnes/ha.

En Haïti, le riz occupe une place importante dans la diète alimentaire puisqu’il est quotidiennement consommé par une large partie de la population à un rythme croissant (MARNDR, 1984). Il tend à remplacer dans l’assiette des ménages les autres produits agricoles du pays dans une proportion de 20% de la consommation de base (JEAN, 1994). La production rizicole nationale annuelle reste jusqu’à 2005 faible. Elle est passée de 91 000 TM pour l’année 2000 à 76 000 TM durant l’année 2003, soit seulement 25,3 % des besoins nationaux estimés à 400 000 TM de riz décortiqué par an (CNSA, 2004). Les importations sont, sont jusqu’à 2004, de 345 000 TM  pour une valeur de 155 millions de dollars US (ORYZA 2005). Les prix à l’import étaient en juin 2004 à 455 $ US la tonne métrique.

Le riz est cultivé dans les poches marécageuses, les plateaux humides et dans les plaines irriguées en Haïti. Les grandes zones de production sont : Fort Liberté, la Plaine des Cayes et la Vallée de l’Artibonite. Cette dernière est considérée comme la région où la production rizicole est beaucoup plus poussée. On y trouve, sous culture irriguée, 44 000 ha en deux saisons, soit plus de 72 % de la superficie rizicole nationale qui est environ 58 000 ha (PROSPER, 2001). Les campagnes varient suivant les zones écologiques. En effet, dans la Vallée de l’Artibonite le riz  est cultivé pendant deux campagnes. La première campagne dite sèche s’étend de novembre à avril alors que la deuxième dite pluvieuse va de juin à octobre.

Les rendements obtenus dans les rizières haïtiennes sont moyennement très faibles. Suivant les techniques de production adoptées, ils varient de 0,8 à 2,9 t/ha (FAO, 1994). Le rendement moyen était de 2,012 t/ha en 2001 pour Haïti alors qu’au niveau mondial, pour les grand pays producteurs, il était de 6.97 t/ha (InfoCom, 2002).

Les rendements du riz dans la Vallée de l’Artibonite, du fait qu’ils sont très bas par rapport au potentiel du milieu, sont passés en moyenne de 5 t/ha en 1997 à 3 t/ha en 2001 (ODVA, 2001). Toutefois, le rendement du riz peut aller jusqu’à 7 t/ha (ODVA, 2001). Ces sont non seulement faibles mais il y a également une très forte variation interannuelle à laquelle se superposent aussi des variations intra annuelles d’une parcelle à l’autre pour une même zone de production et d’une zone de production à l’autre.

 L’ampleur et les déterminants de ces variations enregistrées au niveau des rendements ne sont toujours pas bien connus puisque le paysan est privé de certaines assistances techniques et des centres de recherche orientés vers ce domaine. Ainsi, il est important et nécessaire  de chercher à identifier et surtout à hiérarchiser les causes de ces variations, et de travailler aussi sur le raisonnement des pratiques culturales. Les résultats de ces recherches doivent mettre en perspective la possibilité d’exploiter cette variabilité des rendements pour améliorer les systèmes de culture actuels à base de riz au regard de trois critères : durabilité des systèmes, productivité et qualité des produits récoltés.
 
2.- Le riz et le climat

2.1.- Ecophysiologie du riz

Les conditions écologiques favorables à la riziculture irriguée sont complexes et variables suivant les variétés et les systèmes de culture. Les principaux facteurs climatiques et édaphiques qui conditionnent la croissance et le développement de cette culture sont : la température, l’humidité, la durée d’insolation, la longueur du jour et le sol (ANGLADETTE, 1967).   

2.1.1.- Effet de la chaleur

    Le riz exige pour végéter une quantité totale de chaleur proportionnelle à la durée du cycle végétatif.  Cette quantité de chaleur a été calculée par divers auteurs, par sommation des températures moyennes journalières pendant la végétation. Les estimations varient très sensiblement de 200C en moyenne au Portugal et 210 à 350C aux Indes, soit 30 à 350C pour les variétés hâtives et 44 à 660C pour les variétés tardives.  En fait, les quantités optimales, minimales et maximales de chaleur nécessaires varient au cours des diverses phases de la végétation (PROSPER, 2004).
   
2.1.2.- Effet de la température sur la germination

    D’après Oka, en 1998, les variétés continentales (type indica) ne germent pas au-dessous de 130C tandis que pour les variétés insulaires (type japonica), les températures minimales absolues et moyennes de germination oscillent entre 11 à 130C.  La vitesse de germination s’accroît avec la température, et les variétés qui sont particulièrement sensibles ont tendances à germer moins rapidement.  La température se situe entre 30-350C. Au-dessus de 400C, la germination est freinée ou même impossible.
   
2.1.3.- Effet de la température sur la phase végétative

    La température a d’abord une influence très supérieure à celle de la lumière durant les premières phases de la végétation ; ensuite elle affecte la croissance proprement dite, la hauteur de la plante et la durée de la phase végétative.  La complexité de ces phénomènes provient, d’une part, du fait qu’il y a interaction constante, plus ou moins marquée, avec la lumière et, d’autre part la température intervient non seulement sur l’air ambiant, mais également par le canal de l’eau d’irrigation.
   
    La vitesse du tallage s’accélère sérieusement en fonction de la température entre 15-300C. Cette accélération est plus importante pour les types indica que pour les japonica.  En conséquence, la durée du tallage raccourcit lorsque la température s’élève et ce raccourcissement est fonction de la variété. Quant au nombre maximum de talles, il diminue lorsque la température s’accroît au dessus d’une température moyenne voisinant 32-340C (PROSPER 2003).
   
    Le taux d’élongation ou accroissement moyen journalier de la plante en hauteur en pourcentage de la hauteur moyenne de cette plante, par degré d’accroissement de température est plus élevé (7-8%) pour les types japonica que pour les indica. Ces diverses observations tendent à montrer que les variétés de type indica sont susceptibles d’une croissance végétative plus vigoureuse, sous haute température que celles des japonica ((PROSPER 2003).
   
2.1.4.- Effet de la température sur la phase reproductive

    La température agit très fortement sur les phénomènes se déroulant au cours de la phase reproductive.
   
    L’initiation des organes floraux peut-être avancée de 2, 3 ou 4 jours par degré supplémentaire de température. Plusieurs auteurs ont étudié les effets de basses températures durant la période d’initiation-fécondation; elles agissent défavorablement entre le 20e et le 24e jour avant l’épiaison, en affectant la formation des primordia, glumes, pistil et étamines qui se traduit par près de 35% d’épillets stériles (PROSPER 2003).
   
    D’une façon générale, selon PROSPER dans les notes de cours de 2003, une basse température retarde sérieusement le développement de l’inflorescence, la panicule pouvant même ne pas émerger. La résistance aux basses températures est un caractère variétal et c’est en profitant de ces observations que tous les pays rizicoles septentrionaux, notamment le Japon cherchent à produire, par sélection ou hybridation, des variétés résistantes au froid.
   
2.1.5.- Effet de la lumière

    La lumière conditionne la végétation du riz selon plusieurs voies parallèles : alternances journalières lumière-obscurité (photopériodisme) et durée de l’exposition à la lumière, intensité de la lumière, quantité de la lumière.  Ces actions de la lumière sont diverses, selon les phases de la végétation du riz et selon les variétés.
   
2.1.6.- Réponse au photopériodisme/ germination

    La réponse du riz au photopériodisme est généralement considérée d’une manière globale, mais en réalité elle varie selon les phases de la végétation.  Sur la germination, il semble que la lumière n’a pas une action sensible. Toutefois, l’action agit dans les premiers stades de la croissance. L’obscurité ou un très faible éclairage, favorise l’élongation et l’accroissement du poids sec des coléoptiles et radicules.
   
    Durant la phase juvénile, certains auteurs ont montré que les différences de durée journalière d’éclairement n’ont pas ou exercent très peu d’action sur le développement de la jeune plante. Cette phase débute avec la germination et est de durée variable entre 14 à 73 jours selon les variétés.
   
    L’initiation de l’inflorescence semble être un caractère variétal, peu sensible à l’influence de la durée du jour. Néanmoins, pour les variétés hâtives, les travaux ont montré qu’il existe des variétés qui ont un optimum seuil de photopériode entre 10 et 11 heures au-dessus duquel l’initiation est retardée.
   
    La croissance de l’inflorescence semble être influencée par la durée du jour et l’accroissement de la photopériode tend à augmenter la longueur de la panicule. En ce qui concerne le pourcentage de stérilité, il semble que celui-ci décroît sensiblement chez les variétés photosensibles et hautement photosensibles, lorsque la durée de la photopériode passe de 10 :30 à 12 :30, tandis que l’anthère serait moins régulière et plus longue dans le cas de quelques variétés soumises à une longue photopériode.
   
3.- Problèmes phytosanitaires

Les maladies et les insectes constituent un des principaux problèmes qui affectent les rizières dans la Vallée de l’Artibonite. Il n’en est pas ainsi dans le cas des rats qui donnent de sérieux problèmes au cours des différentes étapes de cette culture surtout pendant la saison sèche.

•    Lutte contre les insectes

          En cas d’attaque d’insectes, les riziculteurs recourent aux insecticides. Un tel cas se présente généralement lorsque le calendrier cultural n’est pas respecté.
          En pépinière, le Sevin, le Malathion, le Diazinon et le Dithane sont utilises contre les chenilles. Quant à la plantation, notamment au stade de remplissage des grains, les riziculteurs recourent à l’usage de Curacron, Carate, pour contrôler les punaises qui se nourrissent des grains au stade laiteux tels que: Nezara virudula (punaise verte) et Oebalus insularis (punaise marron maculée de crème). La plupart du temps, les riziculteurs utilisaient le DDT. (dichloro-diphenyl-Trichlorethane) contre ces pestes. Ce produit est actuellement interdit.
         
•    Lutte contre les rats
 
        Les rats constituent un fléau tant pour la pépinière que pour les plantations. En pépinière, leur action destructrice s’étend du semis jusqu'à environ une semaine après la levée. Ils mangent les grains semés, coupent les tiges afin de prendre à leur base les grains non encore résorbés totalement. Il arrive des cas où la quasi totalité des grains semés soit remportée par les rongeurs. Le riziculteur est obligé de semer à nouveau dans ces conditions. Quant aux plantations, principalement au stade laiteux, ils coupent les tiges pour se nourrir des grains se trouvant dans les panicules. Pour lutter contre cette peste tant en pépinière qu’en plantation, les riziculteurs étendent des appâts contenant du phosphure de zinc sur les diguettes des casiers.
       
•    Lutte contre les oiseaux

        En riziculture comme dans tous les autres écosystèmes humides, la présence des oiseaux demeure importante. Mais certains d’entre eux se révèlent nuisibles puisqu’ils consomment les grains de riz et causent ainsi une perte aux planteurs. Parmi les oiseaux nuisibles, les riziculteurs de cette plaine mentionnent : Les Madan Sara et la sarcelle d’été.
        En cas d’attaques des Madan Sara, les riziculteurs utilisent une main d’œuvre juvénile ou adolescente pour la surveillance durant les périodes laiteuses, pâteuses et maturité jaune. Les épouvantails tels que les hommes de paille, les boites vides pendues, les tambours peuvent être aussi employés pour chasser ces oiseaux.
       
        Quant à la sarcelle d’été (sasèl) appelé encore canard sauvage (Anas discor) qui se nourrit des semences semées en pépinière et attaque la pépinière généralement pendant la nuit quand il y a de la lune, les riziculteurs épandent sur les diguettes un peu de semence enrobées de Diazinon contre ces oiseaux.
       
•    Lutte contre les maladies

           A la vallée de l’Artibonite, la lutte contre les maladies se résument a celle de la « Paille Noire » ou pourriture de la gaine qui est la plus redoutable. Elle est causée par le complexe Acarien- Champignon compose de l’acarien Steneotarsonemus spinki, Smiley et du champignon Sarocladium oryzae, (Swada) W Gams et peut engendrer des pertes allant de 20 a 100% (Jean-Baptiste, 2001). La méthode couramment utilisée contre cette maladie, c’est l’élimination des résidus de récolte et l’utilisation des variétés résistantes.
          
          Malheureusement, la seule variété résistante préconisée et vulgarisée par l’ODVA et la MISAGRITW, la reforme (TCS10), commence à présenter certains symptômes de cette maladie (des lésions nécrosées a la surface interne de la gaine des feuilles). Tandis que les variétés « traditionnelles » ne présentent aucun symptôme diverses causes peuvent expliquer une telle situation : l’ODVA, Institution responsable de la diffusion des semences préparées par la MISAGITW, ne peut satisfaire les besoins des riziculteurs en semence. Elle dispose en moyenne 980 tonnes de semences par an alors que les besoin de cette plaine en semences se situent à plus de 3000 tonnes. Donc, les riziculteurs sont contraints toujours à utiliser les semences provenant de la récolte précédente. Ce qui peut entrainer la dégénérescence des variétés particulières la Réforme. De plus, la Réforme, variété introduite peut ne pas s’adapter a toutes les conditions culturales de cette vallée telles que : riziculture permanente sans une période de jachère, fertilisation non équilibrée etc.
          
4.- En guise de conclusion

La majorité des agriculteurs pauvres en ressources n’ont souvent pas accès à des quantités suffisantes d’intrants, spécialement les engrais, au bon moment pour obtenir des rendements élevés. Les intrants ne sont souvent pas disponibles sur les marchés régionaux. De plus, les petits agriculteurs sont généralement incapables d’acheter des quantités suffisantes d’engrais et de couvrir les autres dépenses culturales par manque de crédit. L’aide de la recherche et de la vulgarisation, essentielle pour assurer une réduction effective des écarts de rendements et pour améliorer la productivité et le rendement du riz n’est, elle non plus, pas toujours disponible.

D’importants facteurs économiques et sociaux ont influé sur la volonté des agriculteurs de continuer à maximiser les rendements des cultures individuelles et d’intensifier les rotations. Ces facteurs peuvent être liés à la disponibilité et à la rentabilité des moyens de production tels que la main-d’œuvre, l’eau, la disponibilité des semences, la mécanisation, l’accès à l’irrigation, la gestion des structures d’irrigation et de l’eau, la baisse des prix à l’exploitation et les menaces de la modernisation sur le capital social.

Cette étude montre que les systèmes de production de riz font face à deux problèmes principaux.

Le premier problème concerne les différences observées entre les rendements élevés du riz dans les stations de recherche et la moyenne des rendements généralement plus basse rencontrée dans les systèmes à base de riz. Cette thématique montre que cet écart peut être réduit par la combinaison de mesures techniques, sociales, économiques et politiques et par un partenariat entre les nombreuses parties prenantes : chercheurs, agriculteurs, vulgarisateurs et planificateurs.

Le second problème concerne l’observation de l’apparente stagnation et, parfois, de la baisse des rendements et de la productivité du riz dans les endroits où les rendements avaient été élevés pendant de nombreuses années. Les raisons en sont complexes et nécessitent des recherches dans de nombreuses situations; toutefois, ce processus de baisse des rendements pourrait être inversé par une meilleure compréhension du contexte social, économique, biophysique et technique des systèmes à base de riz et de leurs interactions avec leurs environnements, et par la combinaison des mesures proposées ci-dessous.

•    Parmi les diverses stratégies qui permettent d’obtenir la croissance de production nécessaire à l’augmentation durable des niveaux de rendements du riz, la meilleure stratégie à court terme est la réalisation au niveau des champs des agriculteurs d’une proportion importante du potentiel génétique de rendement aujourd’hui disponible. Cela nécessite l’évaluation de l’écart de rendement, l’identification des principales contraintes technologiques, institutionnelles, socioéconomiques et politiques, et la détermination des remèdes appropriés.

•    Actuellement, l’aspect des variétés semble constituer un des points clés sur lequel on doit travailler en fonction du développement de la riziculture dans la Vallée. Disposer des variétés à hauts rendements, résistantes à la verse, adaptées au système de récolte utilisé par les agriculteurs et qui répondent aux habitudes des consommations doit être un des points stratégiques d’un programme de recherche sur la culture du riz dans la Vallée de l’Artibonite.

•    Des mécanismes institutionnels et de formation devraient permettre de mettre en place des procédures capables d’évaluer, de perfectionner et de délivrer les messages techniques, en étroite collaboration avec les agriculteurs, hommes et femmes; ces mécanismes devraient inclure les services de vulgarisation gouvernementaux, les organisations de volontaires, les agences du secteur privé, l’enseignement des agriculteurs au champ, les groupes d’agriculteurs ou les associations de producteurs.

•    Les responsables de la recherche et de la vulgarisation doivent être formés aux méthodes participatives et aux techniques d’animation de groupes d’agriculteurs. Ils doivent aussi avoir connaissance des techniques les plus récentes.

•    La disponibilité en intrants, crédit, et autres facteurs de productions, dans un cadre économique rationnel, facilitera l’évolution des pratiques appropriées par les agriculteurs. Il y a, dans ce cas, une possibilité supplémentaire d’impliquer l’agro-industrie dans la fourniture d’intrants, de services et d’appui technique aux agriculteurs.

•    Le suivi participatif et l’évaluation dans le temps des performances de la riziculture et des systèmes agricoles devront être assurés par des équipes de vulgarisateurs, de chercheurs et d’agriculteurs.

•    Les exemples de réussite doivent être diffusés après des agriculteurs et des autres intéressés en utilisant les stratégies de communication appropriées pour leurs assurer un large impact; ces stratégies peuvent être: les échanges entre agriculteurs, l’information sur les marchés, les directives, l’aide à la décision, la recommandation de dates optimums pour les différentes opérations, l’alerte à l’apparition de ravageurs, sur support imprimé, à la radio.

•    Il serait nécessaire de faire une identification et une classification des principales mauvaises herbes existantes dans cette région

•    Les agriculteurs devront avoir à leur disposition une infrastructure de recherche et de vulgarisation capable de résoudre leurs problèmes et de les aider. Ce dispositif renforcera la coopération entre recherche, vulgarisation et agriculteurs.

Aucune de ces mesures ne pourra être efficace sans un environnement politique favorable comprenant des services d’appui, une commercialisation et des conditions de marché équitables. De plus, le gouvernement doit inévitablement maintenir un équilibre entre la demande en riz à un prix raisonnable de la part des communautés urbaines croissantes; il doit aussi répondre à l’attente des producteurs de riz en matière de rémunérations justes de leurs efforts.
 
Source : Talot BERTRAND, Mémoire de sortie intitulé : Diagnostic des systèmes de culture rizicole (Oryza sativa, L) dans la Vallée de l’Artibonite (Décembre 2005)

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