Elevage en Haiti
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Élevage en Haïti

SITUATION GENERALE

 En Haïti, l’élevage joue un rôle très important pour un bon nombre de la population, en particulier, les familles paysannes œuvrant dans cette branche d’activité qui leur fournit de l’argent pour payer  l’écolage de leur enfant, pour faire l’achat des semences destinées à l’agriculture qui est privilégiée par rapport à l’élevage. Malgré son rôle décisif dans le fonctionnement de l’exploitation, on a tendance à le considérer comme une activité secondaire. La quantité d’exploitants évoluant dans l’élevage est  fonction de plusieurs facteurs : sa capacité pour acheter et gérer des betails, la taille de l’exploitation, les types de travaux que réclame cette activité, le niveau de gestion des risques sanitaires. Selon le dernier recensement (RGA) du Ministère d’Agriculture des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR), on estime  actuellement que le cheptel national s’élève à 4, 661,448 têtes (Tableau 1). La répartition est ainsi faite : caprin local (créole), avec 2, 091,620 têtes, soit 44,9% ; bovin, avec 1, 103,532 têtes, soit 23,7% ; porcins, avec 1, 093,749 têtes, soit 23,5% ; ovin avec 359,181 têtes, soit 7,7% et caprin amélioré avec 13,366 têtes, soit 0,3%. Les volailles s’estiment à 4, 000,000 de têtes. S’agissant des ovins, ils ne se rencontrent que dans les zones à pluviométrie faible.

Tableau 1. Répartition du cheptel total, en propriété et en gardiennage selon l’espèce

Espèce

Effectif total

Cheptel en propriété

Cheptel en gardiennage

Effectif

%

Effectif

%

Effectif

%

Bovins

1, 103,352

23.7

891,328

21.9

212,204

36.2

Porcins

1,093, 749

23.5

985,200

24.2

108,549

18.5

Ovins

359,181

7.7

310,187

7.6

48,994

8.4

Caprins locaux

2, 091,620

44.9

1, 877,175

46.1

214,445

36.6

Caprins améliorés

13,366

0.3

11,006

0.3

2,360

0.4

Total

4, 661,448

100.0

4, 074,896

100.0

586,552

100.0

Source : Recensement général de l’agriculture (RGA), enquête exploitation 2009

 A travers les 10 départements du pays, le cheptel varie de 233,013 têtes dans les Nippes à 1, 172,128 têtes dans l’Ouest. Pour les autres départements la variation  du nombre de cheptel est comme suit : Artibonite avec 665,109 têtes (14.3%) ; Centre avec 534,538 têtes (11.3%) ; Sud avec 453,596 (9.7%) ; Nord-Ouest avec 430,462 têtes (9.2%) ; Grande-Anse avec 414,054 têtes (8.9%) et Sud-Est avec 350,771 têtes (7.5%).

 

Le secteur de la pèche et de l’aquaculture est loin d’être négligeable en vertu de son ample contribution dans les zones côtières où il génère des emplois le lieu où les opportunités économiques font défauts. L’ensemble du secteur fourni plus de 100.000 emplois directs et indirects. Pour une consommation per capita de 4.8kg, le poisson représente 18.9% des protéines animales et 5.5% des protéines totales.

Depuis la fermeture des usines de son de blé (Minoterie), du sucre (HASCO), d’huile de soja (SODEXOL) à la fin des années 1980, l’élevage en Haïti a commencé vivre ses derniers jours.  L’abattage systématique des porcs vers les années 1982 à 1983 a entrainé une décapitalisation à nulle autre pareille  des paysans pratiquant ce travail. A cette même époque,  la production industrielle de poulet a atteint 7 millions de têtes par année plus particulièrement de 1982 à1987, ce qui a permis à la population de faire face à la crise en viande suite à l’éradication de la peste porcine africaine. Dommage, après cet essor, l’embargo de 1991 à 1994 avait donné son dernier coup et ayant une conséquence sans précédente. Cependant,  la population ne cesse de croitre avec une augmentation importante des besoins en termes de consommation animale pour combler les déficits énergétiques.

Typologie

Il existe deux types en Haïti : l’élevage traditionnel ou familial et l’élevage moderne ou industriel. Mais, ce dernier n’est pas très répandu dans le milieu rural à cause des exigences, il est surtout concentré dans les zones peu urbaines de grandes villes, en particulier, la ville de Port-au-Prince. Il est très spécialisé avec un effectif élevé suivi d’une alimentation balancée et équilibrée. Il est pratiqué pour les poulets et les porcins alors que pour les autres animaux c’est un horizon à explorer. Quant à l’élevage traditionnel, il est pratiqué  à plus de 95% des familles haïtiennes en raison de l’alimentation qui est liée au système de culture et le choix de la nourriture varie suivant qu’il s’agisse de gros ou de menu bétail. C’est, d’ailleurs, un élevage non-specialisé et rustique. Malgré de multiples tentatives d’amélioration qui ont été faites, il est pratiqué hors de toutes les nouvelles connaissances et techniques obtenues durant les deux (2) siècles.

Les herbivores (bovins, caprins, ovins, équidés) sont conduits individuellement à la corde sur des jachères ou des résidus de récolte. A cause des chiens errants, les caprins et les ovins sont emmenés le soir dans la cour et sont tenus dans les parcs.

Races et souches

Pour les poulets, on trouve des poules créoles (indigènes), des pondeuses de races pures telles que : Leghorn, Plymouth Rock barre et des pondeuses de races issus de croisements industriels telles que : Souches ISA, Sources Euribrid, Hissex blanche, Souche Hubbard, Lohman selected Leghorn, Colden comet, Rhode Islande Red.

Pour les bovins, on rencontre les races zébu, Jersey, Brown-swiss, Holstein, Charolaise, Créole.

Pour les lapins, on trouve les races suivantes : Californienne, Géant des Flandres, Néozélandais, Bélier français, Chinchilla.

Pour les caprins, on trouve des races Alpines et les races Nubiennes.

Après l’abattage systématique des porcs, le repeuplement fut engagé avec des males pur sang et des femelles croisées d’origine américaine tels que : croisements multiples de Hampshire, Duroc, Jersey, Landrace, Yorkshire et avec des génotypes créoles de Guadeloupe, Gascon chinois, Gascon chinois-créole.

Les maladies

Bovins

Caprins, ovins

Porcins

Volailles (poules)

 

 

Maladie charbon, Douves du foie, strongles dans les poumons, la caillette et les intestins, ténias et coccidies dans les intestins, poues, tiques, Mammites, Pneumonie, Vers, Coccidioses, Piroplasmoses

Charbon bactérien ou fièvre charbonneuse, charbon systématique, Douves du foie, strongles dans les poumons, la caillette et les intestins, ténias et coccidies dans les intestins, gales, poues, tiques

Rouget, Colibacillose, Salmonellose, Arthrite, Maux des membres, PPA, PPC, Fièvre aphteuse, Maladie techen, Gales, Mammites

Coryza infectieux, Pasteurellose, salmonellose, Newcastle, variole aviaire, Gumboro, Marek, Bronchite infectieuse, Poues de poule

 

 

  Les acteurs

Bon nombre d’acteurs interviennent dans l’élevage en Haïti. Toutefois, leur intervention dépend de l’importance et la spécialisation de cette activité. A cet effet, on y trouve des éleveurs (petits et moyens), des agro-éleveurs, des producteurs d’aliment, des maquignons, des abatteurs entre autres.

Opportunités

En dépit du fait que les conditions de fonctionnalités de l’élevage soient très limitées en Haïti, il ya plein d’opportunités à exploiter :

  -Main d’œuvres abondantes. Plus de 60% de la population œuvrent dans le domaine agricole;

  -Marché propice pour l’écoulement des produits d’élevage;

  -climat tropical adapté à divers animaux;

  -potentialités aquacoles avec 1535 Km de cotes et un plateau continental ayant une superficie de 5.000 Km2. Et, une faune aquatique richement diversifiée;

  -Des zones  humides soumises aux conditions de l’élevage par exemple le plateau central.

Contraintes de l’élevage

Ces contraintes sont liées à l’ignorance quasi-totale des techniques modernes élémentaires des éleveurs;  le faible pouvoir d’achat de ces derniers pour payer les frais de services vétérinaires; la non-organisation de cette activité; le problème de dépistage des maladies endémiques; l’importation sans contrôle des produits venant de l’extérieure à savoir les morceaux de poule détachés et également les porcs; la fluctuation des couts des intrants et le prix à la consommation; l’instabilité politique; les intempéries; le problème d’alimentation car actuellement il ya peu d’acteurs œuvrant dans la production des aliments en quantité et en bonne qualité, l’absence de politique en matière d’élevage.

Il n’est pas hors des communs de constater que les aliments sont parfois excessifs ou suffisants pendant les bonnes saisons mais déficients ou déséquilibré pendant les saisons sèches.

Perspectives et recommandations

Non seulement l’élevage en Haïti joue un rôle majeur dans le fonctionnement de l’exploitation agricole mais aussi il peut être un secteur très prometteur si on lui confère toutes attentions nécessaires.

-le développement de la pêche maritime en vue d’exploiter les ressources halieutiques en utilisant des matériels nécessaires et adaptés par exemple dispositifs de concentration des poissons (DCP), chambres froides etc.…

-la construction des lacs collinaires en vue d’exploiter les eaux venant des bassins versants;

-la possibilité d’augmenter l’aviculture en priorisant les oiseaux améliorés (poules, pintades, dindes, canards etc.)

-l’augmentation de l’élevage d’ovins, de caprins, de lapins à travers tout le pays en mettant en évidence les bonnes pratiques d’élevage;

-avoir des bovins améliorés et adaptés  au climat pour la production du lait et de la viande;

-promotion pour l’apiculture en vue d’encourager les éleveurs à se lancer dans cette activité qui constitue une source de richesse non-exploitée; 

-accompagner les éleveurs en leur fournissant des supports techniques, financiers nécessaires;

-promouvoir une forme de coopérative adaptée à cette activité ce qui aura pour effet de susciter des intérêts chez les éleveurs en ce qui a trait à la vente des animaux;

-organiser les éleveurs en association aux fins de mieux planifier les interventions à faire;

-permettre aux éleveurs d’avoir accès à des formations continues surtout sur les techniques de conservation des aliments;

-avoir un programme de dépistage des maladies dans chaque région du pays en vue d’avoir une base de données des maladies présentes sur le territoire pour une bonne gestion de l’élevage;

-Transformer les exploitations traditionnelles en des fermes intégrées en mettant accent sur l’harmonisation des productions animales et végétales pour une valorisation optimale et durable des ressources disponibles.

 

Références bibliographiques

1.- BIEN-AIME A. (1998) Composante diversification par le développement de l’élevage et l’agrosylvopastoralisme, Port-au-Prince, Haïti

2.-  DEJOIE C. (2007), l’aviculture moderne : un facteur de développement en Haïti. RED, Port-au-Prince, Haïti. Edition Media texte. Vol3, No2.

3.-  JOSEPH Louis Kesner, (2005). Situation de la peste porcine classique dans la commune de l’Anse d’Hainaut du département de la Grand-Anse, Mémoire, FAMV.

4.- MARNDR, (2012). Résultat du Recensement General de l’Agriculture(RGA), Damien, Port-au-Prince.

5.- SEVERE Jean Joubert (2006). Diagnostic de l’élevage caprin dans le haut plateau central et perspectives d’amélioration. Mémoire, FAMV.

 

Préparé par TISMA Aniel, pour la PROMODEV

 

 

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